D'hier à aujourd'hui, les contes sont transmis pour rire, grandir et se souvenir…

Calendrier de l’Avent

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Marenka

(conte populaire russe - adapté par Mélanie Gordon)

 

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Marenka. Elle habitait dans une petite maison à l’orée de la forêt avec son grand-papa et sa grand-maman.

C’était bientôt Noël, les chemins et les toits des maisons étaient recouverts de neige, et les cheminées fumaient de tout le bois qu’on leur donnait à manger.

Tous les après-midis après l’école, Marenka s’agitait dans la cuisine. Il y en avait des choses à faire pour préparer des biscuits : casser les œufs, rajouter le sucre, le beurre, le lait, la farine, tout mélanger, pétrir la pâte, étaler, faire les formes et surtout, les décorer ! Avec du sucre glace, du chocolat, des petites étoiles dorées, des petits cœurs argentés et de la poudre d’or même parfois…

De la cheminée et des fenêtres ouvertes de la maisonnette s’échappaient des odeurs, mais des odeurs… ça sentait si bon les biscuits que les oiseaux, les écureuils et les lapins sortaient de leurs cachettes et s’approchaient tout près de la maison en se léchant les babines… Que les biscuits qui refroidissaient sur le rebord de la fenêtre avaient l’air bon ! Trop occupée, Marenka ne se doutait même pas qu’elle était observée par les petits animaux. Les petits, et un gros aussi… Un gros plein de poils, avec des pattes velues, des dents pointues et une grosse voix.

Un après-midi, alors que Marenka était sortie pour aller chercher du bois pour le feu, une grosse patte poilue l’a attrapée et soulevée de terre. Elle aurait aimé crier, mais elle était secouée dans tous les sens, coincée contre un flanc plein de poils qui ne sentait vraiment, mais alors vraiment pas bon. Elle avait le cœur qui battait si vite, si fort, qu’elle a fermé les yeux.

Et au bout d’un long moment, elle a été reposée sur le sol, et elle a ouvert les yeux. Elle était loin du village, loin de sa maison, bien après la forêt. Elle était dans la montagne, dans l’entrée d’une grotte. Et devant elle. Un gros plein de poils avec des pattes velues et des dents pointues… Un ours !

- Ah ben, je suis bien content de t’avoir attrapée ! lui a dit l’ours de sa grosse voix. L’odeur de tes biscuits m’a chatouillé le bout du nez et m’a réveillé de mon long sommeil d’hiver. Et j’ai faim ! Tu vas me faire des biscuits !

L’ours a poussé un de ces grognements d’ours si grognon et si fort que tout son souffle est arrivé au visage de Marenka. Elle s’est dit qu’il valait mieux ne pas le contrarier cet ours-là, et elle est entrée dans la grotte. Elle en est vite ressortie !

- Non mais quand même l’ours, t’as vu ta grotte ? Comment veux-tu que je fasse des biscuits moi là-dedans ? Allez hop, prends le balai là et tu m’aides !

On ne lui avait jamais parlé comme ça, à l’ours… Il a été tout surpris. Il a pris le balai sans grogner et il l’a suivie. Marenka a commencé à ranger, à nettoyer, elle montrait à l’ours, là les pives, là les brindilles, là le miel qui colle…

- Non mais l’ours, vraiment, ce n’est pas possible un tel chenit. Pis ça l’ours ! Ça ! Il faut faire ça dehors, derrière un arbre, discrètement, pas dans ta grotte, pas là où tu dors ! Allez hop hop hop, nettoie, range, balaie.

L’ours a nettoyé, rangé, balayé… Et un peu grogné.

Une fois la grotte toute propre, Marenka s’est activée comme si elle était dans sa cuisine. L’ours avait trouvé tout ce qu’il fallait et très vite, cela a commencé à sentir bon les biscuits. Tellement bon que l’ours a voulu goûter, le beurre, le sucre, les biscuits chauds…

- Eh oh ! Pas touche l’ours ! Non mais t’as vu tes pattes ? On se lave les pattes avant de manger, hop, va à la rivière laver tout ça et tu auras un biscuit quand tu montreras pattes propres.

Hum… On ne lui avait jamais ordonné de se laver les pattes à l’ours…. Il est parti à la rivière en bougonnant et en rouspétant. Quand il est revenu les pattes toutes propres, il a mangé un biscuit, et un deuxième, et un troisième…

- Oh non! ça suffit l’ours ! Tu ne vas quand même pas tout manger ? Ces biscuits ne sont pas pour toi ! Je vais les mettre dans cette grosse hotte que j’ai trouvée au fond de ta grotte et je vais vite aller les porter à mes grands-parents, je t’en ferai d’autres à mon retour. Reste là et attends-moi.

On ne lui avait jamais donné autant d’ordres en aussi peu de temps à l’ours ! Il a commencé à grogner, à rugir de sa voix d’ours qu’il était encore chez lui et que c’est lui qui décidait, non mais ! C’est lui qui irait déposer la hotte devant la porte de la maison. Elle, elle allait rester-là et continuer à faire des biscuits. C’était comme ça !

- Si tu veux…. Mais je te préviens l’ours, pas touche aux biscuits… Je le saurais si tu en manges ne serait-ce qu’un… Va mettre tes bottes, je prépare la hotte. Et ne traîne pas en route !

En grognant de plus belle, l’ours est sorti de la grotte et a mis ses bottes. Quand il s’est retourné, la hotte était posée à côté de lui. Il l’a mise sur le dos et il s’est éloigné en direction du village en marmonnant.

- Comme ça sent bon les biscuits…. Et si j’en prenais juste un ? Elle n’en saurait rien !

L’ours a passé une patte dans son dos, l’a glissée dans la hotte et juste à ce moment il a entendu…

- Je vois tout, j’entends tout, tu ne mangeras rien du tout !
- Ah la coquine, elle doit me surveiller depuis l’entrée de la grotte ! s’est dit l’ours

Arrivé dans la forêt, l’ours commençait à saliver, cette odeur de biscuit, qui flotte là juste sous son nez… il a regardé à gauche et à droite, personne, pas le moindre petit animal, alors l’ours a repassé sa patte dans son dos, l’a glissée dans la hotte et juste à ce moment…

- Je vois tout, j’entends tout, tu ne mangeras rien du tout !
- Ah la maligne, elle a dû monter dans un arbre devant la grotte et elle me voit encore…. Grrrrr…

L’ours s’est mis à marcher plus vite. Il n’en pouvait plus. La hotte était lourde, son ventre gargouillait, des biscuits, il en voulait ! Alors il passé les deux pattes derrière son dos, les a glissées dans la hotte et juste à ce moment…

- Je vois tout, j’entends tout, tu ne mangeras rien du tout !
- Ah la sorcière, mais comment fait-elle ?

Et l’ours s’est mis à courir, énervé, fatigué, affamé. Il est arrivé à l’orée de la forêt, a posé brusquement la hotte devant la porte de la petite maison des grands-parents, a fait demi-tour et a repris le chemin de sa grotte en courant, en soufflant et en transpirant comme seuls les ours savent le faire !

Si l’ours s’était retourné… Il aurait vu… Il aurait vu le couvercle de la hotte se soulever. Il aurait vu quelques biscuits tomber sur le sol. Et surtout, il aurait vu Marenka sortir de la hotte, ouvrir la porte et se blottir dans les bras de sa grand-maman…

Un peu plus tard, depuis la fenêtre ouverte de la maisonnette, Marenka et ses grands-parents ont entendu un rugissement. C’était le rugissement d’un ours grognon et affamé qui venait de se rendre compte qu’il s’était vraiment fait berner… Marenka n’était plus là, et elle ne lui avait laissé que trois biscuits… en plus des tous petits !

Depuis ce jour, Marenka laisse parfois une assiette de biscuits tout chauds dans la forêt, pas très loin de la grotte de l’ours (mais pas trop près non plus !) avec un petit mot : « lave-toi les pattes avant de les manger ! ». Et sur le chemin du retour, elle entend l’ours rire et se régaler.

 

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HAÏKUS DE L’AVENT

(par Caroline Moinat)

 

Les joues qui picotent

Fumée au-dessus des toits

Et demain, la neige ?

***

Mains dans la farine

Parfums d’épices en cuisine

Sourires gourmands

***

Rues qui scintillent

Silhouettes qui s’agitent

Plus que quelques jours…

***

Autour de la table

Chaleur des rires et des voix

Il ne manque rien

***

Au pied du sapin

Boules de papiers froissés

Le chat fait la sieste

 

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